Le forestier en chef en Colombie-Britannique

Le Forestier en chef, Pierre Levac, s’est rendu en Colombie-Britannique récemment afin de donner une conférence dans le cadre d’un colloque mondial portant sur les modèles permettant les calculs de la possibilité forestière. Dans son allocution, M. Levac a dressé un bilan des réalisations de son équipe au cours des derniers mois et a fait état des travaux en cours et à venir. Ce colloque réunissait des spécialistes en calcul de possibilité forestière, provenant de tous les coins de la planète.

Cette conférence visait à partager l’expertise ainsi que les innovations technologiques et conceptuelles en matière de calculs de la possibilité forestière dans un contexte d’aménagement forestier durable. Les conférences ont permis de dégager des enjeux et des opportunités en ce domaine. À titre d’exemple, la capacité technologique des outils de modélisation permet aujourd’hui de concevoir des calculs de possibilité forestière (CPF) intégrant davantage de considérations environnementales que par le passé. Le calcul ne vise plus uniquement à planifier les flux de matière ligneuse, mais aussi à gérer plus globalement les valeurs et les ressources du milieu forestier telles que les écosystèmes, l’économique, le carbone, les paysages et la faune. Les outils modernes de calcul permettent en outre d’optimiser les résultats et d’intégrer l’information à référence spatiale.

Cependant, les analystes réalisent que les modèles issus de cette intégration large peuvent facilement devenir gigantesques, au point de dépasser la capacité des outils informatiques et de compromettre les résultats recherchés. De plus, de tels modèles n’ont de valeur réelle que si l’ensemble des données qui les alimentent sont d’une précision suffisante et que cette dernière est consistante.

En somme, l’envergure et la cohérence au niveau des intrants des CPF constitue un enjeu majeur. Ce constat est amplifié par la prise en compte des perturbations naturelles. Le cas de l’actuelle épidémie de « Mountain Pine Beetle », qui sévit en Colombie-Britanique, démontre clairement que les perturbations naturelles sont difficiles à prévoir et qu’elles peuvent avoir un impact colossal sur la planification à long terme. Les modalités de prévision et de prise en compte de ces perturbations constituent en elles-mêmes des enjeux majeurs an regard des calculs et de l’aménagement forestier durable. Le concept de résilience a été souvent abordé au cours de ce congrès. Il est de plus en plus clair que la stratégie d’aménagement doit viser l’implantation et le maintien d’un écosystème forestier résilient, aux perturbations humaines et naturelles.

Ce colloque a été l’occasion d’échanger avec des spécialistes en aménagement et en calculs de la possibilité forestière et de profiter de leur expérience, notamment avec le logiciel Woodstock-Stanley qui sera bientôt en usage au Québec. Grâce à de telles rencontres, il devient plus aisé d’établir un réseau d’échanges de connaissances permettant d’améliorer la planification forestière et la précision des calculs de possibilité forestière.

Présentation du Forestier en chef en Colombie Britannique