Allocution de M. Pierre Levac – À l’occasion du colloque 2006 Une gestion renouvelée aux couleurs de la forêt organisé par l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice

Notes pour une allocution de
M. Pierre Levac,
Forestier en chef du Québec
À l’occasion du colloque 2006
Une gestion renouvelée aux couleurs de la forêt
organisé par l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice

Saint-Narcisse
28 avril 2006

(La version prononcée prévaut)

Salutations d’usage,

– Je suis heureux d’être ici aujourd’hui pour participer au colloque Une gestion renouvelée aux couleurs de la forêt organisé par l’Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice.

– Cette thématique interpelle le Forestier en chef du Québec, car elle met en lumière l’évolution de la gestion forestière québécoise, dans un contexte où nos façons de faire en forêt ont subi des changements majeurs au cours des dernières années.

– Mais aussi et surtout que la forêt est un milieu où vivent, travaillent ou se récréent une foule d’utilisateurs avec des besoins multiples et différents. La forêt québécoise est un lieu de cohabitation avec tout ce que cela comporte d’intérêts, de visions, d’utilisations. Et c’est particulièrement vrai ici dans la région de la Mauricie.

– J’aimerais d’entrée de jeu vous parler du travail et des responsabilités qui incombent au Forestier en chef.

– Le poste de Forestier en chef est une fonction hautement stratégique. Cette fonction est stratégique car elle est parmi les moyens que le gouvernement du Québec a mis de l’avant pour orienter et moderniser la gestion forestière québécoise. Je ne peux donc pas vous cacher que ce poste représente pour moi un défi unique et extraordinaire.

– La neutralité, l’indépendance et la transparence vont me guider dans chacune des actions ou décisions que je prendrai comme Forestier en chef.

– Au nombre des nombreuses responsabilités qui sont confiées au Forestier en chef, on retrouve :

  • la validation scientifique du processus de collecte d’évaluation des données relatives aux possibilités annuelles de coupe.
  • la validation des règles permettant d’évaluer les possibilités annuelles de coupe.
  • la supervision des opérations en vue de déterminer les possibilités annuelles de coupes à rendement soutenu de chaque unité d’aménagement forestier et de chaque réserve forestière.
  • la préparation du manuel d’aménagement forestier.
  • un rôle conseil auprès du ministre des Ressources naturelles et de la Faune.
  • le Forestier en chef a même des pouvoirs d’enquête.

– Mais, comme je vous le mentionnais précédemment lorsque je vous parlais de défi, ce qui est stimulant dans cette nouvelle fonction de Forestier en chef, c’est que je suis à mettre en place une structure et une organisation qui sera performante, influente et crédible. À ce chapitre, j’ai toute la latitude nécessaire pour faire de ce poste une référence en matière de foresterie au Québec.

– L’équipe qui me secondera grossit de jour en jour. Et cette tâche me tient particulièrement à cœur, car en plus de la compétence, je veux m’associer à des gens dynamiques; des personnes qui travailleront dans un esprit de collégialité et qui feront preuve d’une ouverture d’esprit et d’une grande rigueur scientifique.

– J’ai déjà recruté un noyau de personnes-ressources qui est déjà à l’œuvre, notamment en ce qui a trait à l’administration et à la planification stratégique. Le processus de recrutement du personnel se poursuit. À terme, j’estime qu’environ 100 personnes travailleront, à la fois au siège social de Roberval et dans les différents bureaux locaux répartis dans les principales régions forestières.

– Dans cette optique, j’ai annoncé le 7 avril dernier la création de six nouveaux postes de spécialistes à Roberval. Les appels de candidatures paraîtront sous peu tant au sein de la fonction publique que dans la population. Ces nouveaux postes porteront à 12 le nombre de personnes qui y travailleront . C’est un pas de plus vers la régionalisation de la gestion forestière.

– Enfin, le Bureau du Forestier en chef est maintenant accessible sur Internet. Source de référence utile, nous voulons qu’il devienne le lieu privilégié pour connaître les avis et les décisions du Forestier en chef.

– Je vous parlais précédemment de la forêt comme un lieu où se côtoient au quotidien une foule d’utilisateurs. Ce milieu polyvalent et de cohabitation, et j’insiste là-dessus, est au cœur même de l’action du Forestier en chef et de son équipe. Nous sommes et nous demeurerons à l’écoute de toutes les parties intéressées par la question forestière.

– À ce chapitre, nous sommes passés de la parole aux actes. En plus des différentes rencontres que j’ai eues lors d’événements comme le vôtre aujourd’hui, j’ai amorcé une tournée des universités et des principales équipes de recherche associées au domaine forestier.

– Par ailleurs, les prochains mois seront particulièrement effervescents. Il y a énormément de pain sur la planche. Toute l’équipe du Bureau du Forestier en chef mettra l’épaule à la roue et, il n’est pas trop présomptueux de dire que nous serons parmi les acteurs à l’avant scène qui prépareront l’avenir de la forêt québécoise.

– En ce qui a trait aux résultats du calcul des possibilités annuelles de coupe, j’ai annoncé le 9 mars dernier qu’à compter du mois de juin, soit au moment où les résultats des calculs seront complétés, et qui me seront transmis par le secteur Forêt Québec du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, j’imposerai un processus de validation de ces résultats.

– Un comité aviseur, dont la composition et le mandat seront annoncés au mois de mai prochain, travaillera de concert avec l’équipe du Bureau du Forestier en chef à l’analyse des résultats.

– Selon un calendrier d’activités, que je ferai connaître aussi en mai prochain, j’estime qu’une période de six mois sera nécessaire pour me permettre de rendre une décision finale pour chacune des 74 unités d’aménagement forestier que l’on retrouve sur le territoire public.

– À l’automne 2006, je compte donc faire connaître les résultats des calculs, et ce en vue de l’entrée en vigueur des prochains plans généraux d’aménagement forestier prévus pour le 1er avril 2008.

– Cette première décision de principe repose sur les responsabilités qui ont été définies dans la loi no 94 et qui stipule que le Forestier en chef doit rendre publiques les possibilités annuelles de coupe à rendement soutenu ainsi que les justifications ayant conduit à les déterminer.

– Sur notre planche de travail, il y a aussi le choix du prochain logiciel nécessaire au calcul de la possibilité forestière qui sera utilisé pour la période 2013-1018. Cette outil est un élément clé de notre travail.

– De plus, nous comptons regarder ce qui se fait à l’extérieur du Québec. Je considère important que l’on puisse se comparer et aller voir se qui se fait dans les autres provinces notamment.

– Il est judicieux à mon avis de pouvoir partager nos expériences et de rechercher l’amélioration constante. Ce n’est pas en contradiction avec le régime forestier québécois. Au contraire, nous avons un régime forestier qui a cette capacité d’évoluer et de s’adapter aux nouvelles connaissances et aux nouveaux besoins de notre société.

– Comme je le mentionnais lors de ma nomination en décembre dernier, nous devrons faire une lecture périodique de l’état de la forêt publique afin d’en garantir un développement qui soit à la fois durable et responsable. Un bilan sur l’état des forêts du domaine de l’État et sur l’aménagement forestier durable pour la période 2000-2007 est prévu pour 2008.

– J’aimerais aborder quelques instants un sujet qui me tient particulièrement à cœur : soit l’éducation et la sensibilisation à la forêt, ou si vous voulez, au sens plus large, la culture forestière.

-Je demeure convaincu qu’une véritable culture forestière au Québec doit obligatoirement passer par une éducation et une sensibilisation à la forêt sous ses différentes facettes : richesse environnementale indéniable, valeur économique inestimable, valeur sociale incontournable.

– Donc pour moi, informer, éduquer et sensibiliser sont des passages obligés vers une véritable culture forestière chez le citoyen. Dans toutes choses, il est nécessaire d’expliquer, de présenter les faits.

– Je voudrais particulièrement citer ici, à titre d’exemple, cette série de capsules d’information sur la forêt, produite par les associations forestières régionales et qui vulgarise, de façon bien imagée, différentes thématiques forestières. Un outil simple, adapté et convivial. À mon avis, ce projet de capsules mérite qu’on y donne suite. De quelle façon? Il faudra l’évaluer. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut en assurer une diffusion plus large.

– Il faut sans contredit multiplier ces actions en s’impliquant personnellement. Chaque petit geste est important. Répandre l’information et expliquer, aux quatre coins du Québec, dans les grands centres particulièrement, dans chacune des régions, sur les progrès accomplis et ceux à venir.

– Toutes celles et ceux qui vivent de la forêt, qui l’aiment doivent prendre le flambeau, expliquer et mieux faire comprendre. La culture forestière est aussi un élément de la modernisation de la gestion forestière. Car, non seulement il faut faire une foresterie qui soit socialement acceptable, il faut qu’elle devienne aussi socialement responsable.

– J’aimerais vous souligner en terminant que, tant au siège social à Roberval que dans chacun des bureaux locaux, l’équipe du Bureau du Forestier en chef entrevoit son travail comme une occasion unique de partager et d’être à l’écoute de l’ensemble des utilisateurs du milieu forestier.

– Je vous souhaite toutes et tous un Mois de l’arbre et des forêts 2006 sous toutes ses couleurs. Continuons ensemble, à partager et à propager la passion de la forêt.

– Bonne fin de rencontre

– Je vous remercie de votre attention.