Allocution de M. Pierre Levac, Forestier en chef du Québec – Association forestière de Lanaudière

Notes pour une allocution de
M. Pierre Levac,
Forestier en chef du Québec –
Association forestière de Lanaudière

Saint-Jean-de-Matha
27 mai 2006

(La version prononcée prévaut)

Salutations d’usage,

– Je suis heureux d’être ici aujourd’hui pour participer à cette journée consacrée à la forêt et organisée par l’Association forestière de Lanaudière.

– La forêt est un milieu où vivent, travaillent et/ou se récréent une foule d’utilisateurs avec des besoins multiples et différents. La forêt québécoise est un lieu de cohabitation avec tout ce que cela comporte d’intérêts, de visions, d’utilisations.

– J’aimerais d’entrée de jeu vous parler du travail et des responsabilités qui incombent au Forestier en chef.

– Le poste de Forestier en chef est une fonction hautement stratégique. Cette fonction est stratégique car elle est parmi les moyens que le gouvernement du Québec a mis de l’avant pour orienter et moderniser la gestion forestière québécoise.

– Cette fonction est aussi une première pour le Québec. En fait, au Canada seule la Colombie-Britannique a un poste de Forestier en chef équivalent.

– La neutralité, l’indépendance et la transparence vont me guider dans chacune des actions ou décisions que je prendrai à titre de Forestier en chef.

– Parmi les nombreuses responsabilités qui sont confiées au Forestier en chef, on retrouve :

  • L’ensemble des opérations reliées au calcul de la possibilité forestière.
  • La préparation du manuel d’aménagement forestier.
  • Un rôle conseil auprès du ministre des Ressources naturelles et de la Faune.
  • Le Forestier en chef a même des pouvoirs d’enquête.

– Compte tenu que le poste de Forestier en chef constitue une première, il y a donc tout à mettre en place. Cette nouvelle structure et cette organisation nous la voulons performante, influente et crédible. À ce chapitre, j’ai toute la latitude nécessaire pour faire de ce poste une référence en matière de foresterie au Québec.

– L’équipe qui me secondera grossit de jour en jour. Et cette tâche m’interpelle particulièrement car, en plus de la compétence, je veux m’associer à des gens dynamiques; des personnes qui travailleront dans un esprit de collégialité et qui feront preuve d’une ouverture d’esprit et d’une grande rigueur scientifique.

– J’ai recruté un noyau de personnes ressources qui est déjà à l’œuvre, notamment en ce qui a trait à l’administration et à la planification stratégique. Le processus de recrutement du personnel se poursuit. À terme, j’estime qu’environ 80 personnes travailleront à la fois au siège social de Roberval et dans les différents bureaux locaux répartis dans les principales régions forestières.

– Toute cette opération est un pas de plus vers la régionalisation de la gestion forestière.

– Enfin, le Bureau du Forestier en chef est maintenant accessible sur Internet . Source de références utiles, nous voulons qu’il devienne le lieu privilégié pour connaître les avis et les décisions du Forestier en chef.

– Je vous parlais précédemment de la forêt comme un lieu où se côtoient au quotidien une foule d’utilisateurs. Ce milieu polyvalent et de cohabitation, et j’insiste là-dessus, est au cœur même de l’action du Forestier en chef et de son équipe. Nous sommes et nous demeurerons à l’écoute de toutes les parties intéressées par la question forestière.

– À ce chapitre, nous sommes passés de la parole aux actes. En plus des différentes rencontres que j’ai eues lors d’événements comme le vôtre aujourd’hui, j’ai amorcé une tournée des universités et des principales équipes de recherche associées au domaine forestier.

– Par ailleurs, les prochains mois seront particulièrement effervescents. Il y a énormément de pain sur la planche. Toute l’équipe du Bureau du Forestier en chef mettra l’épaule à la roue et, il n’est pas trop présomptueux de dire que nous serons parmi les acteurs à l’avant scène qui préparerons l’avenir de la forêt québécoise.

– Les prochains mois seront particulièrement occupés car nous recevrons les résultats des calculs de la possibilité forestière et nous procéderons à une validation rigoureuse de ces résultats. Nous comptons, avant la fin de l’automne 2006, être en mesure de rendre publics les résultats validés juste à temps pour la préparation des prochains plans d’aménagement forestier.

– Sur notre planche de travail il y a aussi le choix du prochain logiciel nécessaire au calcul de la possibilité forestière qui sera utilisé pour la période 2013-2018. Cet outil est un élément clé de notre travail.

– De plus, nous comptons regarder ce qui se fait à l’extérieur du Québec. Je considère important que l’on puisse se comparer et aller voir ce qui se fait dans les autres provinces notamment.

– Il est judicieux à mon avis de pouvoir partager nos expériences et de rechercher l’amélioration constante. Ce n’est pas en contradiction avec le régime forestier québécois. Au contraire, nous avons un régime forestier qui a cette capacité d’évoluer et de s’adapter aux nouvelles connaissances et aux nouveaux besoins de notre société.

– Comme je le mentionnais lors de ma nomination en décembre dernier, nous devrons faire une lecture périodique de l’état de la forêt publique afin d’en garantir un développement qui soit à la fois durable et responsable. Un bilan sur l’état des forêts du domaine de l’État et sur l’aménagement forestier durable pour la période 2000-2007 est prévu pour 2008.

– J’aimerais aborder quelques instants un sujet qui me tient particulièrement à cœur : soit l’éducation et la sensibilisation à la forêt, ou si vous voulez, au sens plus large, la culture forestière.

-Je demeure convaincu qu’une véritable culture forestière au Québec doit obligatoirement passer par une éducation et une sensibilisation à la forêt sous ses différentes facettes : richesse environnementale indéniable, valeur économique inestimable, valeur sociale incontournable.

– Donc pour moi, informer, éduquer et sensibiliser sont des passages obligés vers une véritable culture forestière chez le citoyen. Dans toutes choses, il est nécessaire d’expliquer, de présenter les faits.

– C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai accepté votre invitation aujourd’hui, car je considère important de souligner le travail de partenaire comme vous qui travaille quotidiennement à mieux faire connaître la forêt.

– Il faut sans contredit multiplier ces actions en s’impliquant personnellement. Chaque petit geste est important. Répandre l’information et expliquer, aux quatre coins du Québec, dans les grands centres particulièrement et dans chacune des régions, les progrès qui ont été accomplis pour mettre en valeur la ressource forestière.

– Toutes celles et ceux qui vivent de la forêt, qui l’aiment doivent prendre le flambeau, expliquer et mieux faire comprendre. La culture forestière est aussi un élément de la modernisation de la gestion forestière. Car, non seulement il faut faire une foresterie qui soit socialement acceptable, il faut qu’elle devienne aussi socialement responsable.

– En terminant, je vous souhaite toutes et tous un Mois de l’arbre et des forêts 2006 sous toutes ses couleurs. Continuons ensemble, à partager et à propager la passion de la forêt.

– Je vous remercie de votre attention.